NORME SUISSE DES SALAIRES

Ce qu'une certification Swissdec garantit vraiment, et ce qu'elle laisse à votre charge

La certification Swissdec atteste un canal de transmission conforme, pas la justesse de votre paie.

Le mot Swissdec revient dans presque toutes les présentations de logiciels de gestion suisses, rarement avec son périmètre exact. Cette page décrit ce que le certificat couvre, ce qu'il laisse de côté, ce que séparent les niveaux basic et plus, ce que signifient les générations ELM 5.0 à 5.5, et comment une PME vérifie elle-même un produit au registre officiel.

Swissdec normalise un canal de transmission

Swissdec est une norme d'échange entre les logiciels de salaires et les destinataires des déclarations. Elle définit le format ELM, la procédure unifiée par laquelle un logiciel de salaires transmet les données destinées aux destinataires prévus par la norme, dont l'AVS, la prévoyance professionnelle, les assureurs accidents et l'impôt à la source. Ce qu'un certificat atteste, c'est qu'un produit testé sait construire et transmettre ces messages conformément à la version de la norme mentionnée sur la ligne du registre.

Ce périmètre est étroit, et c'est sa force. Le certificat porte sur un produit nommé, pas sur la suite complète de l'éditeur, et sur une génération de norme, pas sur toutes. Il ne dit rien du paramétrage réel installé chez vous, du plan des genres de salaire, des conventions collectives applicables à votre branche, ni de l'exactitude des heures et des indemnités saisies chaque mois par votre administration.

  • Le plan des genres de salaire et son paramétrage chez vous
  • Les règles de branche et les conventions collectives
  • L'exactitude des saisies mensuelles et des décomptes d'heures
  • La reprise des données de l'ancien logiciel
  • Le raccordement du logiciel de salaires au reste de vos outils

Basic et plus, la différence tient aux assurances raccordées

Le registre distingue deux niveaux principaux, auxquels s'ajoutent des mentions séparées pour les standards KLE et SUA. Le niveau Swissdec certified basic couvre la déclaration de salaires proprement dite. Le niveau Swissdec certified plus y ajoute deux procédures qui vivent en dehors du décompte annuel, l'annonce d'accident et de maladie professionnelle sous le standard KLE, et les annonces de mutation aux assurances sous le standard SUA. Le certificat plus signale donc qu'un produit a été testé sur ces deux procédures en plus de la déclaration de salaires. Ce que cela change dans l'usage quotidien dépend du produit et de l'assureur, et se vérifie auprès de l'éditeur.

Au 23 août 2026, parmi les logiciels que nous comparons, un seul produit porte le niveau plus, la Comptabilité des salaires d'Abacus, certificat n° 1003.21, avec en complément les standards KLE 1.1 et SUA 1.1 en partie. KLARA occupe une position intermédiaire, avec un niveau basic sur ELM et des certificats KLE 1.0 et SUA 1.0 distincts, le certificat KLE n° 2134.17 portant la mention d'une certification partielle pour l'assurance accidents.

ELM 5.0, 5.1, 5.3, 5.5, ce que dit un numéro de version

ELM évolue par générations, et le registre publie une page par standard. Un produit certifié ELM 5.0 a été testé sur cette génération. Rien n'autorise à en déduire qu'il a été testé sur ELM 5.3. Plusieurs versions figurent parfois sur une même ligne, certaines certifiées, d'autres auto-validées par le fabricant.

C'est la lecture de l'astérisque qui compte. Dans le registre, une version suivie d'un astérisque signale une version auto-validée par le fabricant, et non une certification passée devant Swissdec. Crésus Salaires porte ELM 5.0 certifié avec 5.1 et 5.3 auto-validées, certificat n° 1034.23. WinBIZ affiche la même construction sous le certificat n° 1028.25, KLARA sous le n° 1134.25. La nuance change la valeur de preuve de la ligne, sans dire pour autant comment le logiciel se comporte.

Pour une PME, la génération utile est celle que son environnement attend. Ce point se demande directement à sa caisse de compensation et à son assureur, plutôt qu'au fournisseur du logiciel, et il pèse davantage que la collection du numéro le plus élevé.

Huit entrées sur douze correspondent à une ligne du registre officiel

Notre comparatif de logiciels de gestion suisses recense douze entrées pour onze produits distincts, Sage 50 Suisse et Infoniqa ONE 50 désignant le même logiciel après la reprise de la filiale suisse de Sage. Huit de ces douze entrées correspondent à une ligne du registre, relevée le 23 août 2026. Abacus Comptabilité des salaires, certified plus, ELM 5.5 à 5.0, n° 1003.21, avec AbaSalary en basic sous le n° 1179.22. SelectLine Lohn, basic, ELM 5.0, n° 1078.23. bexio Lohnbuchhaltung, basic, ELM 5.0, 5.1 et 5.3, n° 1142.24. Odoo, basic, ELM 5.0 et 5.3, n° 1203.25.

Quatre entrées complètent ce relevé. Infoniqa apparaît sous deux lignes, Infoniqa ONE 50 Lohn, basic, ELM 5.0, n° 1041.26, et Infoniqa ONE 200 Personal, basic, ELM 5.0, n° 1042.24. Crésus Salaires d'Epsitec SA, basic, ELM 5.0 avec 5.1 et 5.3 auto-validées, n° 1034.23. WinBIZ, inscrit au registre sous le nom de produit WinBIZ par FIDUCIAL WinBIZ SA, basic, n° 1028.25. KLARA, édité par ePost Service AG, basic, ELM 5.3, 5.1 et 5.0, n° 1134.25. Sage 50 Suisse n'ajoute pas de ligne au registre, puisqu'il s'agit du produit devenu Infoniqa ONE 50.

LES DOUZE ENTREES DU COMPARATIF FACE AU REGISTRECERTIFIED PLUS1 entréeAbacus, cert. n° 1003.21, ELM 5.5 a 5.0CERTIFIED BASIC7 entréesSelectLine, bexio, Odoo, Infoniqa, Crésus, WinBIZ, KLARAABSENTE DU REGISTRE3 entréesBanana, smallinvoice, Run my AccountsMEME PRODUIT, AUTRE NOM1 entréeSage 50 Suisse devenu Infoniqa ONE 50LES DOUZE ENTREES DU COMPARATIF FACE AUREGISTRECERTIFIED PLUS1 entréeCERTIFIED BASIC7 entréesABSENTE DU REGISTRE3 entréesMEME PRODUIT, AUTRE NOM1 entrée

REGISTRE Swissdec DES LOGICIELS CERTIFIES, CONSULTE LE 23 AOUT 2026

Trois entrées sans ligne au registre, et ce que leurs éditeurs écrivent à la place

L'absence du registre renseigne d'abord sur l'architecture du produit. Banana Comptabilité Plus ne figure pas parmi les fabricants certifiés, et son éditeur indique lui-même qu'il n'existe pas de module de gestion des salaires dans le produit, en renvoyant vers un service tiers et l'import des écritures récapitulatives dans le journal. La paie sort donc du logiciel de comptabilité, par construction.

Même logique chez smallinvoice, absent du registre au 23 août 2026, dont la documentation renvoie la paie et les assurances sociales à l'intégration tierce E-Salaer. Run my Accounts n'apparaît pas non plus dans la liste des fabricants certifiés, l'éditeur assurant lui-même la prestation salaires dans son offre de service. Une nuance existe aussi à l'intérieur de la gamme Abacus, où AbaNinja n'est pas certifié, la paie certifiée du même groupe passant par AbaSalary ou par la Comptabilité des salaires.

Ce que ces cas ont en commun, c'est un raccordement à construire. Dès que la paie vit ailleurs que la comptabilité, quelqu'un doit garantir que les écritures reviennent, que les périodes concordent et que la reprise des données tient au moment du bouclement.

Le numéro de certificat est le point de repère qui ne bouge pas

Les noms bougent, les numéros restent. Sage 50 Extra est devenu Infoniqa ONE 50 après la reprise de la filiale suisse par le groupe Infoniqa. KLARA Business AG est devenue ePost Service AG. Un décideur qui cherche son logiciel par son nom commercial dans le registre passe à côté de sa propre ligne, alors que le numéro de certificat, lui, identifie le produit testé sans ambiguïté.

Le geste de vérification se fait en ligne, sans outil ni accès particulier. On ouvre la liste publique des logiciels certifiés, on cherche le fabricant plutôt que la marque, on lit le nom exact du produit, on note le niveau, la génération ELM et le numéro. Ce relevé, daté du jour où il a été fait, se cite tel quel dans une offre, et il se refait à chaque renouvellement de contrat.

VERIFIER UN LOGICIEL AU REGISTRE, SIX GESTESOUVRIR LEREGISTRESwissdec.chlisteofficielle deslogicielscertifiesCHERCHER LEFABRICANTfabricantla raisonsociale, pasla marqueLIRE LE NOM DUPRODUITnom exactun moduleprecis, pastoute la suiteNOTER LE NIVEAUbasic / plusKLE et SUAfont l objetde mentionssepareesRELEVER LANORME ELMELM 5.xasterisque =versionauto-valideeVERIFIER UN LOGICIEL AU REGISTRE, SIXGESTESOUVRIR LE REGISTRESwissdec.chliste officielle des logiciels certifiesCHERCHER LE FABRICANTfabricantla raison sociale, pas la marqueLIRE LE NOM DU PRODUITnom exactun module precis, pas toute la suiteNOTER LE NIVEAUbasic / plusKLE et SUA font l objet de mentions separeesRELEVER LA NORME ELMELM 5.xasterisque = version auto-validee

REGISTRE Swissdec DES LOGICIELS CERTIFIES, CONSULTE LE 23 AOUT 2026

Ce que nous vérifions quand une PME nous montre son logiciel de salaires

Nous ne vendons aucune licence. Quand une entreprise nous demande si son outil est en règle du côté des salaires, nous relevons d'abord la ligne du registre, avec le niveau, la génération et le numéro de certificat, puis nous regardons ce qui se passe autour du logiciel. C'est presque toujours là que se trouvent les frottements réels, dans les allers-retours entre la paie, la comptabilité et l'outil de saisie des heures.

Nous travaillons avec la fiduciaire en place, jamais contre elle. Une fiduciaire connaît le paramétrage des genres de salaire de sa clientèle et les usages de sa branche, ce qui n'est pas notre métier. Le nôtre commence quand il faut faire circuler proprement une donnée entre deux logiciels, documenter une reprise, ou décrire noir sur blanc ce que couvre un certificat avant qu'une décision d'achat ne s'appuie sur un malentendu.

D'où viennent ces réponses

Chaque fait de cette page se vérifie à la source. Les liens ouvrent directement le site de l'éditeur ou de l'organisme concerné.

  • Swissdec, liste officielle des logiciels certifiésRegistre public des fabricants et produits certifiés, avec niveau basic ou plus, générations ELM et numéros de certificat. Consulté le 23 août 2026.
  • Swissdec, standard ELM 5.5Page du standard ELM 5.5 et liste des produits certifiés sur cette génération. Consultée le 23 août 2026.
  • Swissdec, standard ELM 5.3Page du standard ELM 5.3, avec Odoo S.A., produit Odoo, certified basic, certificat n° 1203.25. Consultée le 23 août 2026.
  • Swissdec, standard ELM 5.0Page du standard ELM 5.0, avec SelectLine Lohn n° 1078.23, Infoniqa ONE 200 Personal n° 1042.24, Infoniqa ONE 50 Lohn n° 1041.26 et Lohnbuchhaltung für Odoo de braintec AG n° 1103.24. Consultée le 23 août 2026.
  • Banana, gestion des salairesL'éditeur indique l'absence de module de gestion des salaires dans le produit et renvoie vers un service tiers avec import des écritures récapitulatives. Consulté le 23 août 2026.
  • smallinvoice, intégrationsListe des connecteurs natifs, dont E-Salaer pour les salaires et les assurances sociales. Consultée le 23 août 2026.
  • Run my Accounts, externalisation des salairesPérimètre du service salaires assuré par l'éditeur, décomptes, impôt à la source, déclarations annuelles et certificats de salaire. Consulté le 23 août 2026.
  • Crésus Salaires, spécificationsFiche produit d'Epsitec SA mentionnant la certification Swissdec, les bulletins et certificats de salaire et le dimensionnement par tranches. Consultée le 23 août 2026.
  • Infoniqa, communiqué sur le portefeuille suisseCommuniqué du 12.01.2022, acquisition effective au 01.12.2021 et correspondance Sage 50 Extra vers Infoniqa ONE 50. Consulté le 23 août 2026.
  • KLARA, documentation APIDocumentation officielle de l'API REST, 97 points d'entrée répartis en cinq domaines, dont trois seulement pour les salaires. Consultée le 23 août 2026.
  • Infoniqa, périmètre des ressources RESTListe officielle des ressources REST par version, limitées à Common, Finance, Operations et Archive. Consultée le 23 août 2026.
  • bexio, répertoire des fiduciairesProgramme partenaire réservé aux fiduciaires, répertoire annonçant plus de 1'000 sociétés et statuts allant d'Argent à Platine. Consulté le 23 août 2026.

RELEVÉ DU 23.08.2026

Questions fréquentes

Le certificat vaut-il pour toute la suite de mon éditeur ?

Non, il nomme un produit précis. Abacus figure au registre avec plusieurs lignes distinctes, la Comptabilité des salaires sous le n° 1003.21 et AbaSalary sous le n° 1179.22. Infoniqa y figure deux fois également, ONE 50 Lohn sous le n° 1041.26 et ONE 200 Personal sous le n° 1042.24. Il arrive même qu'un partenaire porte sa propre ligne, comme braintec AG pour Lohnbuchhaltung für Odoo sous le n° 1103.24, à côté de la ligne de l'éditeur. Avoir acheté une suite ne dit donc rien tant que le module de salaires réellement installé n'est pas identifié.

Quelle est la différence entre Swissdec certified basic et certified plus ?

Le niveau basic couvre la déclaration de salaires. Le niveau plus y ajoute les procédures KLE et SUA. Le détail produit par produit figure plus haut sur cette page.

Que signifie l'astérisque à côté d'une version dans le registre ?

Un astérisque signale une version auto-validée par le fabricant, c'est-à-dire déclarée conforme par l'éditeur lui-même et non certifiée par Swissdec pour cette génération. Crésus Salaires, WinBIZ et KLARA affichent cette construction. La question à poser au fournisseur porte alors sur la génération que vos partenaires attendent.

Mon logiciel n'apparaît pas dans la liste Swissdec, est-ce grave ?

Cela indique surtout que la paie ne se traite pas dans ce logiciel. Les trois cas de notre comparatif et le renvoi vers un service tiers ou un prestataire sont détaillés plus haut. La question qui compte devient celle du raccordement entre les deux outils.

Un logiciel certifié Swissdec dispense-t-il d'une fiduciaire ?

La certification porte sur la transmission des déclarations et ne dit rien du paramétrage des genres de salaire ni des usages de votre branche. Les éditeurs le reconnaissent implicitement en construisant leur réseau autour des fiduciaires, bexio réservant son programme partenaire à cette seule profession avec un répertoire annonçant plus de 1'000 sociétés fiduciaires. En pratique, un logiciel certifié et une fiduciaire se complètent.

Peut-on piloter la paie par interface dans ces logiciels ?

Rarement de bout en bout, et c'est une question distincte de la certification. La documentation de KLARA, consultée le 23 août 2026, n'expose que trois points d'entrée pour les salaires, essentiellement l'ajout d'éléments de salaire variables. Chez Infoniqa, les ressources REST publiées couvrent Common, Finance, Operations et Archive, la paie restant hors du périmètre programmable documenté. Chez SelectLine, la documentation technique lue couvre le périmètre ERP. La certification concerne la sortie vers les assurances, l'ouverture du module aux autres outils se vérifie produit par produit.

Faut-il changer de logiciel pour être certifié Swissdec ?

La certification appartient au produit, pas à l'entreprise qui l'utilise. Une PME dont le logiciel de comptabilité n'a pas de module de salaires certifié n'est pas pour autant obligée d'en changer, puisque la paie peut vivre dans un second outil certifié ou chez un prestataire. Le point à examiner est le passage des écritures entre les deux, la concordance des périodes et la reprise de l'historique.

Comment vérifier moi-même si mon logiciel est certifié ?

Ouvrez la liste publique des logiciels certifiés sur Swissdec.ch et relevez quatre informations, le fabricant, le nom exact du produit, le niveau et le numéro de certificat. La marche à suivre complète figure dans l'encadré ci-dessus. Notez la date de votre consultation, ce relevé daté se refait à chaque renouvellement de contrat.

Faisons le point sur votre chaîne de salaires

Si vous ne savez pas quelle ligne du registre correspond à votre logiciel, ni si la paie et la comptabilité se parlent correctement, montrez-nous ce que vous utilisez aujourd'hui et ce qui vous coûte du temps chaque mois. Nous relevons les faits avec vous et nous vous laissons le relevé daté, à citer tel quel dans vos discussions avec votre fournisseur.