Reprise de données

Migrer de Crésus vers un logiciel en ligne, ce que la reprise demande vraiment

Ce qui sort de Crésus, ce qui se reparamètre, et dans quel ordre.

Une migration depuis Crésus ne ressemble pas à un branchement. L'éditeur documente des masques d'import et d'export en fichiers texte, et aucune interface publique destinée à des tiers. La matière première est donc un jeu de fichiers, mandat par mandat. Cette page décrit ce qui sort, ce qui se reconstruit dans le nouvel outil, et l'ordre qui évite de refaire deux fois le même travail.

Crésus sort ses données en fichiers texte, pas par une interface

La documentation de l'éditeur, consultée le 23 août 2026, décrit l'échange de données par masques paramétrables. Deux formats sortent, le fichier texte à séparateur tabulation et le fichier CSV à séparateur point-virgule, l'un comme l'autre lisibles dans Excel. Détail précieux pour une reprise, les masques d'import sont identiques aux masques d'export, ce qui permet de fabriquer un fichier d'essai et de le relire avant d'y toucher. La comptabilité accepte l'import d'écritures, la facturation accepte l'import de listes de clients.

Aucune interface de programmation publique destinée à des développeurs tiers ne figure dans la documentation lue. Les API que l'éditeur mentionne sont sortantes, le canal API PostFinance et la clé tilbago dans Crésus Banking. La conséquence pratique est simple. La matière première d'une migration depuis Crésus, ce sont des fichiers produits par un opérateur, un mandat après l'autre, et non un flux que l'on branche une fois pour toutes.

Une licence Crésus couvre plusieurs mandats. Une migration porte donc rarement sur un seul jeu de fichiers, et le travail se compte en mandats plutôt qu'en logiciels. Chaque mandat a son plan comptable, ses codes TVA, ses modèles de documents et ses masques. Une fiduciaire qui déplace trente dossiers ne fait pas trente fois la même chose, elle fait trente fois une chose voisine, ce qui est plus long et moins prévisible qu'il n'y paraît.

Les soldes se transportent, les paramètres se refont

Deux familles de données cohabitent dans un dossier Crésus. Celles qui se transportent, soldes d'ouverture, clients, articles, écritures de l'exercice en cours, pièces débiteurs et créanciers encore ouvertes. Et celles qui se reconstruisent dans le nouvel outil parce que leur structure diffère, plan comptable, codes TVA, genres de salaire, modèles de documents, règles d'imputation. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente, parce qu'un import réussi sur un paramétrage approximatif produit une comptabilité fausse et silencieuse.

Les salaires méritent leur propre décision. Crésus Salaires figure au registre Swissdec en Swissdec certified basic, ELM 5.0, avec versions auto-validées 5.1 et 5.3, certificat 1034.23. La cible se vérifie au même registre plutôt que sur une brochure. bexio Lohnbuchhaltung y porte le certificat 1142.24 pour ELM 5.0, 5.1 et 5.3, KLARA le certificat 1134.25 sous ePost Service AG, Odoo le certificat 1203.25 pour ELM 5.0 et 5.3, WinBIZ le certificat 1028.25.

Le transport des genres de salaire est le point dur. Infoniqa, qui documente des imports de paie depuis plusieurs logiciels antérieurs, note lui-même que la conversion du plan des genres de salaire est une opération complexe. Rien dans les documentations lues n'indique qu'elle le soit moins ailleurs. À cela s'ajoutent les cumuls de l'année, l'impôt à la source et les certificats de salaire, qui n'ont de sens que rattachés à un exercice complet tenu dans un seul système.

Ce que chaque cible sait lire, d'après sa propre documentation

bexio documente l'import par fichiers Excel et CSV pour les contacts, les produits et le plan comptable, avec deux articles d'aide dédiés, et une limite de 15'000 produits à l'import est rapportée. En sortie, l'éditeur documente des exports PDF et Excel. smallinvoice documente l'import des contacts et du catalogue par CSV ou par copier-coller depuis Excel, ainsi que des exports comptables directs vers Banana, Infoniqa ONE 50 et Topal, ce qui intéresse l'entreprise qui garde sa fiduciaire.

KLARA documente l'import du camt.053d pour les transactions bancaires et un fichier Excel pour la mise à jour du catalogue d'articles. Odoo documente l'import et l'export natifs sur tout objet métier en CSV et en Excel depuis l'interface. Run my Accounts documente l'import CSV pour les clients, les factures débiteurs, les articles et les écritures de comptabilité générale. Abacus passe par AbaConnect pour les échanges de masse, complété par ses API REST. SelectLine propose des assistants d'import guidés en texte, CSV et XML, enregistrables en modèles.

Formats d'import documentés par chaque éditeur, au 23 août 2026Excel, CSV contacts, produits, plan comptableFormats d'import documentés par chaqueéditeur, au 23 août 2026Excel, CSVcontacts, produits, plan comptable

Documentations des éditeurs, consultées le 23 août 2026

Un cas se détache. WinBIZ documente un import d'écritures depuis Crésus comme chemin de migration, et c'est le seul éditeur lu à nommer Crésus dans sa documentation d'import. La contrepartie se lit dans les conditions générales. L'abonnement porte une période initiale de douze mois avec préavis écrit de trois mois, et l'éditeur écrit qu'à la fin du contrat l'accès aux données WinBIZ Cloud cesse, en recommandant d'archiver la comptabilité en PDF avant de partir.

L'ordre des opérations décide de la quantité de reprises

Extraire d'abord, paramétrer ensuite, importer en dernier. Sortir les masques de Crésus avant toute chose donne la carte réelle des données, qui ne ressemble jamais tout à fait à ce que l'on croyait. Le paramétrage de la cible se construit alors sur des données observées et non supposées. Inverser cet ordre revient à bâtir un plan comptable pour des écritures que l'on découvrira après coup.

À l'intérieur de l'import, la séquence compte aussi. Plan comptable et codes TVA d'abord. Soldes d'ouverture ensuite. Données de base, clients, fournisseurs et articles après. Pièces ouvertes en dernier, débiteurs et créanciers non soldés, parce qu'elles s'appuient sur tout ce qui précède. Chaque étape se contrôle avant la suivante, par une balance et un grand livre comparés à ceux de Crésus, sur le même périmètre et à la même date.

L'enchaînement d'une reprise depuis CrésusGel dupérimètre1mandatsretenus etdate derepriseExtraction parmasques2texte tabuléet CSVpoint-virguleParamétrage dela cible3plan comptableet codes TVAReprise dessoldes4ouverture puisdonnées debasePièces ouvertes5débiteurs etcréanciers nonsoldésL'enchaînement d'une reprise depuis CrésusGel du périmètre1mandats retenus et date de repriseExtraction par masques2texte tabulé et CSV point-virguleParamétrage de la cible3plan comptable et codes TVAReprise des soldes4ouverture puis données de basePièces ouvertes5débiteurs et créanciers non soldés

Méthode LYVIA, appuyée sur les documentations du 23 août 2026

La date de reprise se choisit avant le reste. Un début d'exercice évite de reconstituer une TVA à cheval sur deux systèmes. Une bascule des salaires calée sur le début de l'année civile évite de tenir des cumuls dans deux outils en parallèle. Ces arbitrages se prennent avec la fiduciaire, puisque c'est elle qui bouclera l'exercice, et non avec le revendeur du logiciel cible.

Les deux systèmes se recouvrent pendant un temps

Les factures déjà émises depuis Crésus continuent de rentrer avec leur QR-IBAN et leurs références. Deux voies existent. Laisser l'encaissement et le rapprochement des camt.053 et camt.054 dans l'ancien outil jusqu'à extinction des créances, ou basculer les pièces ouvertes dans la cible et vivre avec des références réémises. La première voie allonge la période de double tenue, la seconde charge la reprise. Le choix dépend du volume de débiteurs ouverts au jour de la bascule, pas d'une préférence de principe.

Le raccordement eBill se refait, il ne se transporte pas. Epsitec SA est partenaire réseau eBill enregistré chez SIX, l'émission part directement de Crésus Facturation à vingt centimes par envoi hors taxe, et l'éditeur écrit que Crésus Facturation ne permet pas de recevoir de factures eBill. Côté cible, les montages diffèrent. bexio passe par une application tierce du Marketplace, eBill de iomarket AG, payante en sus. KLARA passe par ePost Service AG, partenaire réseau. Abacus Research AG figure également parmi les partenaires réseau publiés.

La synchronisation bancaire se remet en place elle aussi, et rarement le même jour que le reste. KLARA documente une mise en service PostFinance par formulaire papier signé à envoyer à la banque, un login e-banking à chaque récupération pour Raiffeisen et la Basler Kantonalbank, et l'absence de reprise des mouvements antérieurs à l'activation. Ce dernier point se note avant la bascule, parce qu'il fixe la date à partir de laquelle le rapprochement devient automatique.

  • Le contrat d'émission eBill et l'inscription du QR-IBAN
  • La synchronisation bancaire, établissement par établissement
  • Les modèles de documents et leur mise en page
  • Les rôles et les droits des utilisateurs
  • Les règles d'imputation automatique des paiements

Quitter un logiciel de fichiers change la façon de travailler à plusieurs

Crésus est mono-utilisateur en écriture. Un seul collaborateur modifie un mandat à la fois, les autres y accèdent en lecture seule. L'éditeur indique par ailleurs que les fichiers ne doivent pas être stockés sur Dropbox, OneDrive, SharePoint, Google Drive, iCloud, kDrive ou ownCloud, signale un risque de corruption des données et décline toute responsabilité. Beaucoup d'entreprises partent en ligne exactement pour cette raison, et pas pour les fonctions.

Crésus Cloud existe comme réponse intermédiaire, un bureau virtuel distant hébergé chez Silicom avec des serveurs en Suisse, facturé CHF 26.00 par mois hors taxe et par accès simultané, le verrou d'écriture subsistant. Les coûts d'entrée publiés des cibles se lisent autrement. bexio Basic annonce CHF 35.00 par mois hors taxe en facturation annuelle pour un utilisateur, KLARA Business BASIC CHF 48.00 par mois hors taxe pour trois administrateurs au maximum, smallinvoice STARTER CHF 15.00 par mois, WinBIZ Cloud CHF 64.00 hors taxe par accès en facturation annuelle. Aucun de ces montants ne couvre la reprise elle-même.

L'hébergement se vérifie aussi, parce qu'il ne se change plus ensuite sans nouvelle migration. bexio déclare stocker et traiter les données de ses clients exclusivement en Suisse. KLARA annonce des centres de données suisses géo-redondants. Odoo Online annonce dans sa politique de confidentialité des régions situées aux États-Unis, au Canada, en France, en Belgique, à Singapour, à Taïwan, en Inde, en Arabie saoudite et en Australie, sans centre de données suisse.

Ce que LYVIA fait dans une reprise depuis Crésus

Nous ne vendons aucune licence. Notre point de départ est la lecture des masques d'export existants et de la structure réelle des mandats, avant toute discussion sur le logiciel cible. C'est ce relevé qui dit si la bascule sera un travail de fichiers ou un travail de reconstruction, et il se fait sur les données du client, pas sur une fiche produit.

Vient ensuite l'extraction, la transformation des fichiers au format que la cible documente, l'import par lots dans l'ordre décrit plus haut, et la recette par comparaison de balances et de grands livres. Les pièces ouvertes se contrôlent une par une, parce qu'un débiteur perdu ne se voit pas dans un total. Chaque étape laisse une trace écrite qui permet de rejouer l'opération si un contrôle échoue.

Après la bascule reste le travail que l'éditeur de la cible ne prend pas en charge, le raccordement aux outils métier que l'entreprise garde, la remise en route des flux bancaires et eBill, et l'écriture des procédures pour que l'équipe travaille de la même manière dans le nouvel outil.

D'où viennent ces réponses

Chaque fait de cette page se vérifie à la source. Les liens ouvrent directement le site de l'éditeur ou de l'organisme concerné.

RELEVÉ DU 23.08.2026

Questions fréquentes

Peut-on continuer à utiliser Crésus après la bascule ?

L'éditeur commercialise deux voies par module, l'achat d'une licence perpétuelle assorti d'un abonnement annuel Crésus+, ou la location mensuelle résiliable à trente jours. Une entreprise qui a acheté ses licences conserve donc un logiciel installé qu'elle peut rouvrir pour consulter les exercices antérieurs, indépendamment de la cible retenue. Cette situation se compare utilement à celle de WinBIZ Cloud, dont l'éditeur écrit qu'à la fin du contrat l'accès aux données cesse. Le point se vérifie module par module dans le contrat existant, car les modalités diffèrent entre achat et location.

Combien de salaires une licence Crésus couvre-t-elle, et pourquoi cela pèse sur le choix ?

Crésus Salaires est dimensionné par tranches de cinq salaires, avec un plafond de cinq cents salaires par licence, chaque tranche supplémentaire étant facturée CHF 150.00 hors taxe à l'achat, CHF 30.00 par an en Crésus+ ou CHF 5.00 par mois en location. Les cibles raisonnent différemment. KLARA facture au bulletin, CHF 4.90 l'unité et CHF 3.90 avec un paquet Business. SelectLine annonce un nombre d'employés illimité sur son module Salaires. La structure de facturation change donc de logique, et la comparaison se fait sur l'effectif réel.

Une PME qui délègue sa comptabilité à une fiduciaire a-t-elle les mêmes options ?

Pas exactement. smallinvoice sépare volontairement la saisie des documents de la tenue comptable et documente des exports directs vers Banana, Infoniqa ONE 50 et Topal, avec accréditation et invitation du fiduciaire dans le compte. bexio réserve son programme partenaire aux fiduciaires et annonce plus de 1'000 sociétés dans son annuaire. Run my Accounts va plus loin, puisque la FAQ de l'éditeur indique que tout nouveau client reçoit le logiciel uniquement avec la prestation de service. Le choix dépend donc autant du mandat fiduciaire que du produit.

Faut-il surveiller des plafonds de volume dans les outils en ligne ?

Oui, et ils se lisent avant de signer. AbaNinja plafonne par palier, un utilisateur et 1'000 documents par an en Starter, trois utilisateurs et 2'100 documents en Basic, cinq utilisateurs et 5'000 documents en Pro, le franchissement imposant un changement d'abonnement. Le plan gratuit de smallinvoice est utilisable jusqu'à CHF 70'000 de montants de documents cumulés. Côté technique, la pagination de l'API smallinvoice est plafonnée à deux cents entrées par appel, ce qui découpe toute reprise de volume en lots successifs.

Que faire si un donneur d'ordre exige Peppol ?

La question se tranche avant la migration, pas après. La documentation de Crésus consultée le 23 août 2026 ne mentionne pas Peppol, et aucune entrée Epsitec SA n'a été trouvée dans l'annuaire officiel. bexio ne figure pas davantage dans la liste OpenPeppol des Certified Service Providers. Odoo agit lui-même comme point d'accès et SMP, la Suisse figurant parmi les pays éligibles à l'enregistrement. Abacus indique que la transmission Peppol s'effectue par l'intermédiaire de son partenaire Descartes STEPcom. Trois situations très différentes pour un même besoin.

Le décompte TVA se reprend-il avec le reste ?

Le décompte lui-même ne se transporte pas, seuls les codes se reparamètrent. Crésus intègre le décompte à la comptabilité, avec contrôle de plausibilité, taux de la dette fiscale nette et taux forfaitaires, et le service eTVA inclus dans Crésus+ pour la transmission électronique. Côté cible, bexio annonce prendre en charge les méthodes TVA courantes, KLARA génère le décompte selon la méthode retenue et documente le taux de la dette fiscale nette, Odoo livre les grilles du formulaire 302, 342, 400 et 405 par sa localisation suisse. La méthode convenue avec l'administration ne change pas parce que le logiciel change.

Que se passe-t-il si la cible est elle aussi un logiciel installé ?

Le raisonnement reste le même mais les contraintes changent de nature. SelectLine est une application Windows 64 bits sur Microsoft SQL Server 2016 ou plus récent, et son API n'est incluse qu'à partir de l'édition Premium à CHF 119.00 par utilisateur et par mois. Infoniqa ONE 50 s'appuie sur une REST-API qui s'installe sur un serveur IIS chez le client, avec binding HTTPS, contrat de sous-traitance signé et formulaire de configuration à renvoyer. Sortir d'un logiciel de fichiers pour un autre logiciel installé ne supprime donc pas le sujet de l'infrastructure.

Parlons de votre dossier Crésus avant de choisir la cible

Indiquez-nous le nombre de mandats concernés, la date de bouclement visée et les modules Crésus en service. Nous regardons ce que vos masques d'export contiennent réellement, puis ce que chaque cible documente pour le lire.